Platon ( 428 / 438 avant J.C )

La Connaissance des mots conduit à la Connaissance des choses.

Platon.

Platon, le philosophe de la Raison

Platon est un philosophe grec connu et reconnu pour avoir notamment laissé une œuvre philosophique considérable, sous formes de dialogues.  Le monde sensible est, aux yeux de Platon, subordonné aux Essences ou Idées, formes intelligibles, modèles de toutes choses, qui sauvent les phénomènes et leur donnent sens.
Au sommet des Essences se trouve l’idée du Bien, qui les dépasse en dignité et en puissance : ce principe suprême se confond avec le divin.

Platon appartient à une des plus illustres familles d’Athènes. Son nom d’Aristoclès est très tôt changé en celui de Platon (de platus, large), surnom qui lui est sans doute attribué à cause de la largeur de ses épaules ou de son front. Il étudie les lettres, les mathématiques, la musique et la gymnastique.

Sa rencontre avec Socrate, en 408, est décisive et l’amène à renoncer aux arts pour s’adonner à la philosophie, mais toute son oeuvre gardera de cette première formation une très forte imprégnation poétique. Toute sa vie, il conservera pour son premier maître une grande admiration. Qu’Athènes puisse accuser d’impiété et condamner à mort l’homme le plus éminent de son époque le marquera pour toujours et déterminera l’orientation de sa pratique philosophique.

Déçu par la démocratie, profondément affecté par la mort du maître, Platon décide de s’exiler et entreprend de nombreux voyages, notamment dans la grande Grèce (Italie du Sud). En Sicile, il tente vainement de convaincre Denys l’Ancien d’établir une forme de gouvernement régie par la philosophie. Le tyran se brouille avec lui et le livre à un capitaine qui le vend comme esclave ; il est heureusement racheté par un ami.

Platon revient à Athènes (vers 387) où il fonde une école de philosophie qu’on appellera l’Académie parce qu’elle se trouvait dans les jardins d’Academus. On y enseigne la philosophie mais aussi les mathématiques et la gymnastique. L’enseignement est prodigué sous forme de discussions et de débats d’idées, ce qui explique la prédilection de Platon pour le dialogue. Parmi les élèves les plus brillants se trouve Aristote, le seul à se révéler pouvoir vraiment rivaliser avec le maître.

C’est vraisemblablement à l’Académie que Platon compose la plus grande partie de ses ouvrages, résultats de ses réflexions sur les Idées, la Nature, Dieu et le Souverain Bien. La plupart de ses œuvres maîtresses ont pu être conservées et ses théories ont marqué toute l’histoire de la philosophie jusqu’à nos jours.

Platon retournera en Sicile pour tenter de guider le successeur de Denys l’Ancien, Denys le Jeune, vers la sagesse, sans succès. Son dernier voyage, entrepris pour sauver un de ses amis, manque de lui coûter la vie. Alors il revient définitivement à Athènes où il se consacre à la philosophie jusqu’à sa mort, à l’âge de quatre-vingts ans.

La Cosmologie de Platon

Platon pensait écrire une trilogie comprenant la Timée, le Crias et l’Hermocrate (non écrit) pour décrire l’origine de l’Univers, de l’homme et de la société.

La fabrication du monde selon Platon.
Pour Platon, le monde est comme un être vivant avec une âme et un corps.
L’âme du Monde :
Le démiurge commence par créer l’âme du monde qui est issue de trois notions fondamentales : l’Être, le Même et l’Autre. L’âme du monde est un intermédiaire entre le sensible et l’intelligible, entre l’indicible caractéristique de l’intelligible et le divisible caractéristique du monde sensible. L’âme humaine a une structure mathématique constituée de cercles, elle est le principe de l’ensemble des changements ordonnés dans tout l’univers et témoigne de la conviction de Platon qu’il existe une régularité non seulement dans le monde supra-lunaire, mais également dans le monde sublunaire. Toutefois, concernant ce dernier, ni le démiurge, ni l’âme du monde n’arrivent à vaincre complètement la nécessité issue de la matière.
Le corps du Monde :
Le démiurge ne fabrique pas le corps du monde, il se contente d’y instaurer ordre et mesure sans vraiment y arriver totalement. Pour lui, comme pour les Grecs, le monde est constitué par 4 éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre. Ce qui est propre à Platon, c’est d’une part sa volonté de montrer mathématiquement pourquoi il n’y a que 4 éléments et, d’autre part, le rapprochement qu’il établit entre les 4 éléments et 4 polyèdres réguliers : tétraèdre, hexaèdre, octaèdre, icosaèdre. De sorte que pour Platon, dans le monde sensible, tous les phénomènes observables – c’est-à-dire tout ce qui change suivant la terminologie platonicienne – se réduisent à des interactions entre les mêmes composantes élémentaires, qui peuvent être exprimés en termes de rapports mathématiques.
Le monde est peuplé de 4 espèces vivantes : les dieux associés au feu, les oiseaux associés à l’air, les animaux à la terre et les animaux y vivant à l’eau. En outre, il existe des végétaux qui servent de nourriture aux êtres humains et qui sont associés à l’aspect appétitif de l’âme.

La fabrication de l’être humain selon Platon:
L’âme humaine :
Les âmes des dieux, des démons et des êtres humains, dans ce qu’elles ont d’immortel, sont fabriquées par le démiurge à partir du mélange qui a servi pour l’âme du monde. Il en résulte que les âmes des hommes ont les mêmes caractéristiques que l’âme du monde en ce qui concerne l’aspect mathématique et les fonctions, mais qu’elles sont moins pures, qu’elles sont plus imparfaites. La partie immortelle de l’âme est fabriquée par le démiurge. Au contraire, la partie mortelle est fabriquée par les assistants du démiurge et comprend deux sous-parties une partie irascible (thumos) le « cœur » et une partie désirante (epithumia), »l’appétit« . La partie irascible cherche l’estime, la victoire dans la compétition. La partie désirante est liée à la nourriture et au sexe, c’est celle que Platon aime le moins.
Le corps humain :
Le corps est formé de triangles rectangles qui donnent naissance aux os et à la chair. La moelle est constituée de triangles pouvant produire du feu, de l’eau et de l’air. Pour produire les os, il est ajouté à ce mélange de la terre pure. La peau est faite par un mélange d’eau, de feu et de terre, auquel il ajoute un levain formé de sel et d’acide. Pour Platon, l’être humain est en bonne santé s’il respecte l’ordre du monde. Les corps sont fabriqués par de jeunes dieux sur instruction du démiurge. Ils enferment dans le corps la partie rationnelle de l’âme.
La relation entre l’âme et le corps humain :
La vie humaine est conçue par Platon comme étant l’union de l’âme et du corps humain. Le point de contact privilégié entre les deux étant la moelle. La partie rationnelle de l’âme a pour mission de dominer le chaos venant de la matière qui domine à la naissance et dans l’enfance. La coopération entre la partie rationnelle de l’âme et le corps, est réalisée au moyen des sensations. Pour Platon, les sens (vue, odorat, ouïe, etc.) captent des signaux venant de l’extérieur et les communiquent à l’âme où ils deviennent des sensations. Chez lui, les maladies de l’âme viennent d’un dysfonctionnement du corps ou d’une mauvaise éducation.
Le problème est que vivre veut aussi dire user le corps, la vie pour Platon est l’alternance entre deux mouvements types, soit la réplétion et la déplétion. Pour rester en vie, il faut constamment rendre équivalents les gains par rapport aux pertes. Quand il y a plus de sorties que d’entrées, la corruption s’impose. La vieillesse est la multiplication des ouvertures ou espacement entre les triangles qui composent la moelle. Cette vieillesse est donc la marque de l’environnement hostile qui agresse l’homme depuis sa naissance.

L’Âme et Platon

Le mot « âme », en grec ancien, est de loin celui qui revient le plus fréquemment dans les dialogues de Platon. Dans les rares dialogues où il n’est pas employé, on trouve toujours un ou plusieurs discours y faisant allusion. Malgré l’omniprésence de cette notion, Platon n’en a jamais donné de définition précise. Il en donne des descriptions nombreuses et variées, qui privilégient chacune telle ou telle qualité ou propriété. Ainsi, à défaut de pouvoir fournir une définition claire de l’âme chez Platon, il est possible d’établir une classification de ces descriptions. Certaines propriétés semblent plus essentielles que d’autres : c’est le cas de la conception de l’âme comme principe du mouvement et de la pensée.
Pour Platon, l’âme est un être apparenté aux idées, au divin, qui a un mouvement propre. Elle est immortelle et se compose de 3 puissances :
– l’épithumia : « l’appétit « , élément concupiscible, désirant, le siège du désir (faim, sexualité), des passions. 
– le thumos : la « colère », élément irascible, agressif, ce pourrait être traduit par « cœur », il est cette partie de l’âme susceptible d’emportement, de colère, de courage.
– le logistikon : le  « raisonnable » ou esprit, élément rationnel, immortel, divin, c’est un « démon » (daimon).
Platon expose cette constitution tripartite de l’âme dans le « Phèdre » et dans « La République ». Le noûs (raison, esprit, intellect), uniquement rapporté à l’intelligible, est le plus noble des trois. Le second, caractéristique de la volonté d’enrichissement personnel, de bonne réputation, et des tentatives de prouesses qui en découlent, n’est utile que s’il se met au service de l’élément raisonnable, afin de maîtriser le troisième, qui mène irrémédiablement au vice. En d’autres termes, la bonne vie suppose que s’établisse, entre ces trois parties de l’âme, une hiérarchie : le noûs gouverne le thumos, qui gouverne l’épithumia. Chacune de ces parties possède ainsi une vertu qui lui est propre : la sagesse pour l’esprit, le courage pour l’élément agressif, et la tempérance, pour l’élément désirant. L’harmonie de ces 3 parties est la vertu de justice.
Dans le domaine de l’ anthropologie, comme dans celui de la métaphysique, Platon est dualiste : l’âme et le corps sont nettement séparés l’un de l’autre, et l’âme domine le corps. L’âme a existé avant d’être incarnée sur terre, de la même manière qu’elle existera après la mort. Elle provient de la sphère du Noûs, du divin et du raisonnable, et prend une forme corporelle après chacune de ses incarnations, où elle est enfermée dans le corps (soma), lui-même « semblable à une maladie » ou à une « tombe » (sèma). Le but de l’existence terrestre devient alors le retour de l’âme à son état originel par l’anamnèse, capacité que possède l’âme de rechercher et retrouver les Idées dont elle a conservé la connaissance virtuellement.

(Source Wikipédia)

Quelles oeuvres de Platon:

– « Cratyle » (du langage) : est un dialogue de la logique de Platon portant sur la rectitude des noms.
– « Phédon » (de l’âme) : est un dialogue de Platon qui raconte la mort de Socrate et ses dernières paroles.
– « Le Banquet » ( de l’Amour) : longue serie de discours polarisée sur la nature et les qualités de l’amour.
– « La République » (de la justice) : est un des dialogues portant principalement sur la justice dans la cité, critique de la démocratie.
– « Le Sophiste » (de l’être) : dialogue de métaphysique traitant des genres de l’être, de la nature de l’être et de la nature du sophistes (« Un sophiste » désigne à l’origine un orateur et un professeur d’éloquence de la Grèce antique, dont la culture et la maîtrise du discours font un personnage prestigieux dès le Vᵉ siècle av. J.-C., et contre lequel la philosophie va en partie se développer).

Definition du « Platonicisme »

Le platonisme ou réalisme des idées est une théorie philosophique inspirée plus ou moins directement de la théorie des formes de Platon, théorie selon laquelle il existe des entités intelligibles en soi, dont le contenu est indépendant de la contingence de l’expérience sensible. Ces entités, suivant la version du platonisme dont on parle, peuvent être les concepts (les Idées en général, comme chez Plotin ou Augustin), les nombres (platonisme mathématique d’inspiration pythagoricienne, comme chez Jamblique), ou encore les valeurs logiques (logicisme de Frege). Cette théorie est une des réponses possibles, avec le nominalisme ( Guillaume d’Ockham) et le conceptualisme (Pierre Abélard), à la question du statut ontologique des concepts cognitifs (idées, nombres ou contenus propositionnels).

L’essence sans couleur, sans forme, impalpable, Dieu, ne peut être contemplée que par le guide de l’âme, intelligence ; autour de l’essence est le séjour de la science parfaite qui embrasse la vérité tout entière.

Platon.

Namaste


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