Neptune dans la Mythologie Grecque

Le Trident de Neptune est le spectre du Monde

Message Céleste

C’est à l’Observatoire de Berlin, le 23 septembre 1846, que Johann Galle, persuadé par l’astronome Le Verrier, localisa officiellement Neptune. En Effet, Urbain Le Verrier (1811/1877) avait calculée sa position sur un pressentiment de Galilée (17ème siècle) de son existence vaporeuse. Neptune apparaît, énigmatique, à l’aube d’événements évoquant une évolution des consciences entre le 19ème siècle, romantique et idéaliste, et le 18ème, rationnel et révolutionnaire. La sensibilité romantique s’est élevée contre la pensée analytique des Lumières et contre le desséchement d’un rationalisme impérialiste, dominant à cette époque. Neptune est le symbole d’une révolte métaphysique mais aussi d’une révolte sociale et politique dans les pays où l’industrialisation fut développée sur la notion d’asservissement de l’homme à la machine, accompagnée de la destruction du côté idyllique et bucolique de la nature. Dans sa fougue idéaliste et mystique, il insuffla un lyrisme culturel, un mouvement littéraire poétique et romanesque, en rejetant l’explication mécanique de la nature.
Neptune est aussi à l’origine d’un nouvel engouement pour les choses occultes, le spiritisme, les médiums et le départ d’une « grande épidémie psychique d’une ampleur inattendue »( H.F. Ellenberger). L’énergie neptunienne sera le lit de l’histoire de la psychiatrie dynamique en lui fournissant de nouvelles voies de compréhension du fonctionnement de l’esprit humain. Cette fascination pour les activités du subconscient inspira le milieu médical, confirmée par les travaux du grand neurologue français Jean-Martin Charcot (1825/1893) qui authentifia l’hypnose à des fins thérapeutiques.
Au niveau social, l’horreur des guerres participe à la création d’organisations humanitaires internationales comme la Croix-Rouge (Fondateur Jean-Henri Dunant, en mai 1864). Le mouvement chrétien et les conventions collectives régulant le droit des travailleurs sont des exemples de prise de conscience collective face à la souffrance du peuple. La compassion et la volonté d’organiser une réponse altruiste aux tourments mondiaux, au-delà de réponses sporadiques et individuelles, sont hautement nourries par les manifestations les plus élevées du pouvoir salvateur et d’amour inconditionnel porté par l’énergie de Neptune.
Les frères Lumières, inventeurs du cinéma, parabole de la confusion entre rêve et la réalité, sont les archétypes représentatifs de l’énergie neptunienne. Cette découverte va altérer à jamais notre perception de la réalité et l’image du monde qui, idéalement, devrait nous servir de guide et encourager la vision d’un monde global où la compassion et la solidarité seraient l’Evangile d’Amour Universel (l’évangile se définit comme ensemble de livres où sont consignés codes, règles immuables, lois sacrées qui servent de fondement à une doctrine comme la Bible, par exemple).

Neptune / Poséidon

Neptune est le dieu des Romains en analogie avec le Dieu des Océans du panthéon grec, Poséidon. Les anciens Grecs qui prenaient la mer invoquaient leur Dieu Poséidon pour lui demander protection durant leur périple marin.

La généalogie de Poséidon est la suivante :
– Grands-Parents : Ouranos (Ciel Etoilé) et Gaïa (la Terre).
– Parents : Cronos (Saturne) et Rhéa (Cybèle).
– Ainé de la fratrie, ses frères sont Zeus (Jupiter), Hadès (Pluton), et ses sœurs Hera (Junon, déesse du mariage et de la fécondité), Hestia (Vesta, déesse vierge du foyer domestique) et Déméter (Cérès, déesse de l’agriculture et des moissons).
– Marié à Amphitrite (Salacie, déesse des eaux salées) qui est une Néréide, nymphe marine, fille de Nérée et de Doris.
– Ils ont 4 enfants : 3 filles, Benthésicymé (étymologiquement vague de fond), Cymopolée (déesse des tempêtes et des catastrophes naturelles) et Rhodé (déesse de l’île de Rhodes, qui veut dire tournoyer, tourbillonner), et un fils, Triton (trompette de Poséidon, avec sa conque marine qui émet un son si puissant qu’il se fait entendre de part et d’autre de l’océan, il sert à calmer ou déchaîner les vagues).

La Royaume de Poséidon est la mer et les océans ; on le surnomme l’« ébranleur du sol » (dieu des tremblements de terre et des sources). Sa puissance est inquiétante et illimitée comme sa souveraineté. Son symbole principal est le trident, qu’il reçoit des Cyclopes pendant la Titanomachie (combat contre les Titans), il est aussi symbolisé par le dauphin et surtout le cheval, mais aussi le taureau. Le dauphin parle de la danse avec les vagues, du mouvement, de la plénitude et l’ivresse d’une existence qui communie avec l’immense. Le cheval et le taureau représentent la puissance fécondatrice, l’aspect foisonnant et abondant du monde de Neptune et des Poissons.
L’étymologie de Poséidon est posis « époux » et eidos « idée » faisant référence au monde des idées assimilé au plan de l’essence, « l’époux de l’idée » évoquerait l’étreinte entre le manifesté et le non-manifesté, entre le monde sensible et le monde invisible.
Durant la période pré-homérique (Homère ; Ô Mer), Poséidon était « l’époux de la Terre » (Déméter, déesse du grain, de la terre et de la fertilité), ce qui en fait une divinité chthonienne liée au monde souterrain (proche d’Hadès) faisant tressaillir la terre et qui ébranle les continents. C’est un Dieu ambivalent, responsable des catastrophes naturelles mais aussi des eaux fécondantes du printemps. L’union des éléments eau et terre attribue à Poséidon une double qualité féminine, privilégiant l’expression du cœur (eau) et du corps (terre), alors que ses grands-parents représentent un mariage masculin-féminin de la tête (air-Ouranos) et du corps (terre-Gaïa). Sous l’influence de Neptune/Poséidon, c’est le cœur qui invite à la démesure, au sens du cœur qui se libère de ce qui l’étreint pour vibrer à la mesure du bouillonnement de l’océan neptunien. La mer est le lieu privilégié de la naissance des visions comme irruption des contenus inconscients.

Et si nous avions besoin de faire circuler la coupe pour retrouver la joie d’être ensemble et libérer la communauté humaine.
Et si l’ivresse neptunienne n’est-elle pas une voie de connaissance, celle de relancer la quête uranienne de la conscience, de la libération, et de l’Eveil ?
Et si nous avions besoin de « perdre la tête » afin de libérer l’intelligence de son confinement à la sphère de la déesse Raison ?

Eric Berrut : « Neptune et les Poissons, Dionysos et Ariane : La Mer couleur de Vin »


Les faits ou méfaits attribués au mythique Poséidon suggère la folie divine tout autant que l’inspiration divine. Dans les célébrations du culte des Mystères, il est associé au « culte dionysiaque » pendant lesquels, sous l’effet du vin, de le drogue et de la danse, toute inhibition dissipée, les participants peuvent s’adonner à l’expression décomplexée, libre et instinctive de leur animalité afin de libérer les forces primordiales prisonnières de l’inconscient. Se perdre afin de se retrouver fait partie des mystères les plus anciens de l’humanité. L’énergie Neptune/Dionysos en est la prêtresse privilégiée. L’énergie de Dionysos vient « mettre les âmes des hommes en commun et leur apprendre à vivre en grappes ». Les dévots de Dionysos se confectionnent des couronnes de lierre pour participer aux cortèges des bacchanales (fêtes religieuses célébrées à Rome en l’honneur de Bacchus/Dionysos). On se couvre de lierre pour célébrer « le mélange », au sens neptunien de l’unité du vivant. Le « mélange » est une valeur dionysiaque, le « lier-re » a pour fonction de « re-lier ».
Avec le don du vin (le don divin), Dionysos vient rétablir, réhabiliter, une voie de connaissance qui a été occultée par le triomphe de la raison (le savoir par le tête : identification de la raison au rationalisme) en consacrant le passage rituel de l’ivresse sacrificielle (étymologie de sacrifice : du latin sacrificare de sacrum facere signifiant « faire un acte sacré »), avec tous les dangers et périls que cela comporte.

Poséidon est lié aussi au mythe du labyrinthe ; en effet, il est l’investigateur du mythe du Minotaure, cette créature à tête de taureau et corps d’homme, et du combat de Thésée (en grec, veut dire « institution »), héros fondateur et vénéré, qui délivre les hommes de ce monstre.
Ariane, princesse mortelle, est la fille du roi de Crète Minos (fils de Zeus et d’Europe) et de Pasiphaé (fille du roi Hélios, dieu du Soleil). Elle est l’épouse de Dionysos, l’étymologie de son nom en grec vient du verbe handánein « être agréable, agréer ». Ariane « très agréable » répond à Dionysos hědistos theǒn « le plus agréable des dieux ». Cette désignation peut être celle d’une déesse du foyer domestique.
Ariane, par amour pour Thésée, offre à ce dernier l’épée sécrète pour vaincre le Minotaure tapi au fond du labyrinthe ainsi que le fil conducteur (le fil d’Ariane) qui l’aidera à sortir sain et sauf de l’endroit.
Le mode de perception labyrinthique, non linéaire, paradoxal, insidieux, désorientant, nébuleux et effrayant dans sa complexité vague et son urgence sourde constelle la mythologie de Poséidon/Neptune. Il n’y a rien de rationnel, ni de logique, ni de rassurant dans le cheminement hasardeux qu’il inspire à suivre. Il faut du courage, symbolisé par l’épée de Thésée, pour aller à le rencontre des forces inconscientes et animales prêtes à nous dévorer, représentée par le Minotaure au fond du labyrinthe. Le fil conducteur de ce parcours initiatique est l’Amour diffusé par le fil d’Ariane.

Le Mythe de Neptune appliqué à l’Astrologie

Tempérament neptunien : tempérament lymphatique/sanguin.
Neptune, Maître des Poissons, habille la personne d’une personnalité double. Le neptunien a une imagination plus active que le lunaire, exigeant, pur, hypersensible, adaptable avec des dons artistiques certains. Il recherche la quête spirituelle dans l’expérience de la communauté, possède des facultés passives de transformation de l’Être, avec de grandes qualités humaines au service du monde. Attention aux paradis artificiels et l’ivresse…

Message astrologique


Il faut environ 165 ans pour que Neptune parcoure tout le zodiaque. Il passe entre 14 et 15 ans dans chaque signe. On notera des moments critiques ou évolutifs entre la position de Neptune en transit par rapport à sa position natale, avec le carré vers 42 ans et l’opposition vers 82 ans. Il fut découvert avec un Soleil en Vierge (signe opposé des Poissons dont il est le Maître, sur la roue zodiacale), la pure et parfaite analyste ; et il était en cheminement rétrograde dans le signe du Verseau, le rebelle fraternel impartial, confirmant à l’énergie neptunienne une aspiration à l’humanitarisme et une vision d’un monde meilleur.
Neptune est le guide mystique et inspiré pour transformer le monde en un endroit plus humain. Il est la « confluence des Mondes ».
Lorsqu’un sentiment de désintégration du « Moi », avec une perte de repères habituels, un déferlement des pulsions instinctives éventuelles réprimées, se confond avec un transit de Neptune sur des points clefs du thème astral, spécialement le Soleil, Mars ou l’Ascendant, il peut s’avérer profitable d’évoquer les images archétypales du Dieu des Océans.
Comment coopérer avec un brouillard neptunien, comment s’approprier cette force plutôt que la subir ? Comment traverser en confiance une processus de désordre et de dissolution inéluctable sans perdre pied ou la tête (l’ombre de la folie s’étanche avec l’énergie neptunienne) ?
La fonction psychologique collaborant avec Neptune est le pouvoir de dissoudre et briser les structures construites par le « moi », ou imposées par le « surmoi », lorsqu’elles sont devenues inutiles voire toxiques tant au niveau physique, émotionnel et mental qu’au niveau relationnel ou professionnel. Cet effondrement de ces structures impropres fait partie de la recherche de vérité personnelle indispensable au processus d’individuation (C.G.Jung). La sensation de glissement, de ravage sur le bord des rivages intérieurs est particulièrement « ébranlant » lorsque la répression ou les restrictions ont bloqué l’évolution individuelle ou collective depuis trop longtemps. La méditation et un regard sincère tourné vers son intériorité encouragent une remise en question ritualisée, accompagnée d’évolutions successives plutôt que tragiques.
La vit naît et renaît sans cesse de l’élément fécondant qu’est l’eau, des profondeurs de l’océan jusqu’aux eaux matricielles de la mère et la revitalisation continuelle de la vie se désaltérant à sa source. L’eau dissout pour transformer et créer ainsi de nouvelles formes. Le travail neptunien réclame souplesse, fluidité, imagination, innovation, amour, désir et plaisir pour libérer cette énergie mystique et infinie qui redonne vie à la suite de l’existence. L’influence neptunienne contraint à faire une confiance aveugle, à implorer une foi ineffable au processus en cours même si cela oblige à se laisser voguer, bercer au gré du courant incertain sans savoir où, ni comment, ni quand on apercevra les berges où l’on pourra poser un pied ferme.
L’altruisme, l’abnégation, le dévouement et le désintéressement exprimés dans l’Amour, sont pour beaucoup de personnalités neptuniennes une manière de se dépasser et de donner un sens à leur vie. La part neptunienne qui se cache en chacun de nous, nous incite à ouvrir notre cœur et à faire preuve de compassion pour la souffrance que nous ressentons au niveau humain, animal et végétal.
Neptune inspire à voir le beau en toute chose et à le manifester pour embellir la vie. Il enrichit le vie de bonté, d’humanité, de générosité et de beauté.
Neptune est l’archétype de l’homme-citoyen soucieux d’évoluer dans le collectif comme une cellule fonctionnelle d’un « Grand Corps Universel ». Il est principe d’Universalisation par participation mystique.
Là où est Neptune dans le thème ; là, se trouve la porte par où l’être se sent émotionnellement relié au plus-grand-tout, les effluves du collectif érodent insensiblement toutes les certitudes en rapport avec la maison du Neptune natal. C’est aussi à cet endroit que sa vision est la plus confuse et la plus ample. Si l’impulsion universaliste de Neptune est assez puissante, l’Être est prêt à se sacrifier sur l’autel de futurs enchantés. Dans ce champ d’expériences, l’être se sent naturellement prodigue, magnanime et sans ambition pour imposer sa marque ; il voit grand, ne se préoccupe pas des moyens pour y parvenir, indifférent des contraintes d’espace et de temps, il sait que sa vision se réalisera, peu importe comment et quand. L’être en s’ouvrant à Neptune, perçoit intuitivement la valeur de l’Autre par delà l’expression éphémère de son égo.
L’étape neptunienne, vécue dans l’ordre astronomique, apporte à l’humanité la Vision de sa place et de sa fonction dans le grand jeu (« je ») de l’Univers.

L’énergie neptunienne est comme l’océan que jamais main ne peut saisir, mais dont la vague érode imperceptiblement le rocher le plus dur.

Luc Bigé : Le Chœur des Planètes

Namaste


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