La Lune : Archétype de la Mère Universelle

Chacun de nous est une Lune, avec une face cachée que personne ne voit.

Mark Twain

La Lune : Les Origines

Dans les régions comprenant actuellement l’Europe et le Proche-Orient, dans les temps anciens, la Grande Mère était vénérée sous une multitude de formes. La Lune était une divinité primordiale et toute-puissante de cette période dominée par la magie. Ces cultes divers du féminin comme énergie primordiale étaient synonymes de fertilité et de vie instinctuelle, leur disparition signa la dévalorisation du féminin au profit du masculin dominateur et supérieur.
Les Mésopotamiens se référaient à la Lune comme étant un dieu. On retrouve des appellations comme Nanna (r), Suen ou Sin pour nommer le dieu de la Lune. Les rituels étaient célébrés à la Nouvelle Lune, puis 7 jours après au quart de Lune et ensuite au milieu du mois lunaire à la pleine Lune. Sa course de 28 jours, ses phases croissantes et décroissantes, sa visibilité nocturne sur fond de constellations zodiacales en font le messager de l’ordre divin par excellence. Les éclipses de Lune étaient considérées comme une attaque diabolique contre le dieu Lune.
Pour les Grecs, la Lune est attribuée à la Triade lunaire Séléné , Artémis et Hécate.
– La déesse Séléné est la sœur d’Hélios, le Soleil. Elle est célèbre pour ses amours avec Zeus, Pan et le berger Endymion qu’elle plonge dans un sommeil éternel. Chaque nuit Séléné rejoint son amant dans une caverne et de leur union naissent 5 filles. Séléné conduit un char lunaire, c’est « l’œil de nuit », c’est la déesse de la Pleine Lune et de la maturité.
– La déesse Artémis est la déesse de la nature sauvage, de la chasse et de la naissance, elle est associée au croissant de lune naissant et montant, dans une dimension céleste et ordonnatrice.
– La déesse Hécate est la déesse lunaire la plus complexe, c’est une des rares divinités primitives qui trouve une place de choix dans le panthéon grec classique. C’est la fille unique de la déesse étoilée Astérie et du titan Persès, sa grand-mère est Phoebé, « la brillante », la grande déesse de la Lune chantée par les poètes. Zeus la vénère et lui accorde la souveraineté au Ciel, sur la Terre et dans les Enfers. Hécate est une divinité bienfaisante protectrice des dieux et des hommes, elle offre la victoire en temps de guerre, protège les troupeaux, veille aux vents favorables pour les marins, c’est elle qui a le pouvoir de procurer la chance aux jeux, la richesse et la santé aux enfants. En tant que fille de la nuit, elle est aussi relié à la Lune Noire et la Nouvelle Lune et aux pouvoirs de la magie, des rituels et des visions prophétiques et surtout à la sorcellerie avec des relations démoniaques. C’est la déesse du monde souterrain et aquatique.
Avec l’avènement des religions abrahamiques (judaïsme, christianisme et islam), le monde terrestre des sens fut relégué au royaume du Diable. La théologie de la période gréco-romaine va favoriser un lent développement du Soleil en dieu mâle tout-puissant, le dieu Apollon pour les Grecs et le dieu viril victorieux, le sol invictus « le Soleil invaincu », pour les Romains. Le glissement se poursuit vers le patriarcat avec l’installation du christianisme et sa théologie solaire et masculine, incarnée dans la personne du Christ-soleil qui donne la lumière au monde et abolit les ténèbres de la nuit. La victoire du christianisme sur les théologies païennes relate la victoire du logos rationnel masculin sur l’antique sophia, la sagesse instinctive féminine.
Au 6ème siècle, l’église catholique romaine neutralise le pouvoir sexuel et créatif, soit le symbole lunaire puissant païen, en imposant l’archétype de la Sainte Vierge Marie comme seule référence féminine « acceptable ». Le Christ solaire, fils de Dieu, et la Saint Vierge lunaire, mère du fils, devenaient le symbole de l’image idéale du couple soli-lunaire patriarcal.
De tous les corps célestes retenus par la tradition astrologique, la Lune, qui est le seul satellite naturel de la Terre, est chargée non seulement d’un symbolisme psychologique complexe, mais son influence magnétique sur le mouvement physique des marées et des liquides organiques a étayé la croyance en une influence mécanique ou énergétique, de toutes les planètes sur le vie terrestre.

La Lune : Principe Maternant

L’essence du principe lunaire préside au miracle de l’incarnation physique et au mystère de la vie et de la mort. L’instinct naturel d’accueil et de protection de la vie en définit le principe maternant. Que ce soit Gaia, la Terre Mère, la Grande Déesse ou encore la Mère Universelle, chacune de ces images archétypales évoque le pouvoir d’enfanter l’humanité en son sein puis de le materner et de le protéger.
C’est à travers elle que nous prenons conscience de ce qui nous attend dans ce vaste monde, dès la naissance, c’est elle qui apparaît pour nourrir le nouveau-né lorsqu’il a faim. La première impression de l’autre que moi-même est liée au principe maternant nourricier, son impact accompagne toute la vie et se reflètera de façon positive et négative dans le comportement affectif. En chacun de nous, nous portons le modèle de la mère archétypale idéale, toute-puissante, magnanime et protectrice. Nous nourrissons, a cet égard, la nostalgie de la Mère Universelle magnifiée, et nous ne cessons de chercher des relations qui tentent d’instaurer un rapport fusionnel avec une projection de cette mère idéale en créant l’attente que celle-ci prenne soin de nous, nous protège du monde extérieur sans que nous ayons besoin de lutter pour grandir et vivre. Le cheminement vers l’autonomie physique, la maturité affective et psychologique s’accomplit en intégrant le « principe maternant ».
En dirigeant une réflexion rigoureuse et attentionnée sur le symbolisme de « notre part lunaire », nous pouvons définir les qualités de « notre mère intérieure » et de fait, nous pourrons assumer la capacité de prendre soin de nous-mêmes.
Dans l’évolution de séparation de la mère, il est nécessaire que celle-ci initie sa progéniture vers « la quête héroïque solaire », cheminement où l’identité prend forme et où l’appartenance à un groupe s’amorce. L’individu doit apprendre à compter sur lui pour assurer sa propre protection. Le rôle nourricier de la mère dans ce processus doit se transférer à l’intérieur de l’individu qui devient autonome et responsable de sa survie. Lorsque nous arrivons à intégrer cette nature maternante pour notre propre compte la part lunaire passive s’accompagne d’une énergie active qui sert à créer un sanctuaire personnel. Individuellement, nous édifions un cocon de protection intérieur où il fait bon se retrouver, se reposer, se ressourcer, en respectant nos besoins personnels sans être dépendants de relations extérieures aléatoires.
La construction d’une relation affectueuse avec « sa mère intérieure » élaborée à partir d’écoute, de connaissance, de re-connaissance, d’acceptation et de confiance vis-à-vis de soi, gratifie notre rapport au monde extérieur et prône une nature de compréhension, d’indépendance, de respect et de soutien.

La Lune : Réservoir de l’Inconscient

Le frisson est une réponse de l’âme face à une situation inconsciemment rejetée.

Michelle Harrison

La Lune est l’énergie yin par excellence. Elle est réceptacle généreux de la part de la psyché qui reçoit et emmagasine l’héritage psychique, les impressions, les expériences, les souvenirs ; tout ce qui nous a nourris tant sur le plan physique que mental, affectif ou spirituel. Quand la nourriture que nous ingérons nous convient, nous évoluons dans un sentiment de bien-être sécuritaire et heureux. Si cette nourriture est indigeste, cela reflète des blessures, de l’amertume ou de la frustration alors nous nous sentons déprimés, isolés, incompris avec un fort sentiment d’abandon, la Terre étant un terrain hostile d’évolution. En effet, l’amour de la vie se façonne en grande partie par la nourriture de l’inconscient ; et selon C.G.Jung, dans la bataille que se livre le conscient et l’inconscient c’est toujours l’inconscient qui finit par remporter la victoire.
Une astrologie lunaire expose les « a priori » à propos de la vie. Elle fournit les clefs pour ouvrir certains tiroirs de l’inconscient et révéler ce qui est enfoui ou refoulé au plus profond de la psyché. Le but de cette exploration est d’embrasser « notre vraie nature profonde ». En effet, dés que nous avons démasqué « le monstre démoniaque » qui nous dicte de réagir inconsciemment et instinctivement à des mémoires lunaires, il nous est alors possible d’engager notre volonté solaire afin d’agir en harmonie avec notre être profond. Il y a donc le mariage équilibré et ajusté de la Lune et du Soleil, l’union de notre part féminine yin et notre part masculine yang. Pour se mettre dans ce processus androgyne de maturité, il est conseillé de nourrir un égo viable, incarné par le Soleil natal.
La Lune est le dépositaire de la mémoire « in utero », elle mémorise les souvenirs positifs et négatifs depuis notre conception mais aussi depuis la conception de l’humanité. En ce sens, la Lune serait non seulement la gardienne du contenu de l’inconscient personnel et de l’hérédité familiale transgénérationnelle, mais elle fournirait aussi une interprétation de l’inconscient collectif et de l’héritage culturel et historique.
la Lune astrologique permet d’accéder à différentes pistes d’interprétation par rapport à cette « mémoire primaire » et permet ainsi d’apporter des recettes afin de libérer le conditionnement réducteur et favoriser le processus d’individuation.
La Lune est aussi un agent qui nous met « en pilotage automatique » et nous mène par le bout du nez sans que nous soyons conscients de cette déroute qui peut s’avérer nuisible à terme pour la santé physique ou psychique. La compréhension du thème lunaire et son importance permet de proposer des solutions quand l’être est prisonnier de ses habitudes de vie néfastes et destructrices.

La Lune : le Reflet de l’Âme

La Lune représente l’incroyable complexité du corps avec ses automatismes inconscients qui sont liés aux états d’âmes. Un grand nombre de maladies (mal-a-dit) psychosomatiques expriment des messages de détresse pour rendre tangible la nécessite d’établir ou de rétablir l’écoute de nos besoins profonds.
La position de la Lune dans le thème natal soumet des images de l’intériorité affective et concède l’opportunité de comprendre, prévenir, alléger voire guérir les maux qui nous polluent.
La Lune représente les antennes psychiques du cerveau droit non verbal alors que le Soleil est la conscience du cerveau gauche, logique et rationnel. La part lunaire décrit la posture yin et comment nous recevons les mouvements du monde et les sentiments en perpétuel fluctuation et surtout comment nous réagissons instinctivement pour nous protéger à ceux-ci.
La connexion entre nos émotions et nos choix alimentaires appartient au principe lunaire de la mère nourricière. C’est ainsi que si nous manquons de nourriture affective nous pourrons compenser en nous remplissant de nourriture ou au contraire en affamant notre corps. Un développement positif de notre principe maternant interne découle du travail de conscientisation de notre part lunaire. Au lieu de réagir en « enfant affamé et tyrannique », nous pouvons inviter « notre Lune », à remplir le rôle de bonne mère nourricière qui encourage à grandir tout en prenant soin de soi de façon autonome et efficace sur le plan affectif, mental, physique et spirituel.

L’Amour Lunaire

Les 2 planètes de la vie relationnelle sont la Lune qui remplit les besoins fondamentaux de la vie affective alors que Vénus stimule les aspirations de la vie amoureuse.
L’amour lunaire fait écho au tout premier rapport affectif dont nous avons fait l’expérience avec la mère, alors que l’amour vénusien est l’attraction que nous ressentons pour une personne qui éveille un désir d’intimité sexuelle.
Le souvenir, la nostalgie d’un rapport idyllique enfantin avec la mère nourricière, protectrice, aimante et compréhensive reste enfoui au plus profond de nous et nous servira de modèle inconscient (pour le meilleur et le pire) dans la construction de nos relations d’adulte.
La Lune astrologique est la première planète à analyser pour explorer les qualités que nous recherchons inconsciemment dans l’autre, pour remplir la case « maman » si celle ci n’a pas été suffisamment comblée par la mère biologique. La Lune est le reflet du climat affectif positif ou négatif des relations intimes.
Prendre conscience de notre dessin de vie, dont la Lune est le personnage central dans notre ciel, offre de multiples projections et permet de comprendre certains schémas répétitifs qui peuvent ruiner une vie sentimentale ou la rendre plus épanouie.

La Lune hors parcours

Dans son orbite autour de la Terre, la Lune parcourt les différents signes du Zodiaque, elle se déplace alors dans des aspects géométriques avec les autres planètes. Il lui arrive ainsi de ne plus avoir d’aspect dans un signe, on dit alors qu’elle est « hors parcours ». Cela peut ne durer que quelques secondes et elle passe vite dans un signe suivant, mais cela arrive aussi que cela dure 1 jour ou 2. Symboliquement, lorsque la lune est dite « hors parcours », elle « flotte », sans aucun lien avec les autres planètes et elle est déconnectée du reste de l’Univers, elle n’est plus liée à aucune réalité. On peut dire qu’elle est « somnambule ».
Quand la Lune est « hors parcours », c’est le moment propice pour se concentrer sur les préoccupations spirituelles ou les questions créatives ; par contre, ce moment n’est pas opportun pour des décisions ou activités importantes, il est conseillé de remettre à plus tard les questionnements du monde réel.

La Lune : les différentes phases et leur signification.

Les premiers calendriers étaient pour la plupart lunaires, un mois correspondant à une lunaison. C’est encore le cas aujourd’hui pour le calendrier musulman ainsi que le calendrier hébraïque.
Astre évolutif, changeant, cyclique, la Lune traverse différentes phases qui influent sur la Nature, les marées et les humeurs :
La Nouvelle Lune (lune jeune) symbolise l’extinction, la mort, mais aussi l’espoir d’une renaissance prochaine.
La Lune montante représente l’énergie bénéfique, la fécondité, la vie, la croissance et la prospérité. Elle se décompose en : premier croissant, premier quartier (demi-disque), gibbeuse croissante (éveil spirituel, rite de passage),
La Pleine Lune symbolise l’apogée, la maturité, la consécration ; c’est aussi l’amorce de la décroissance, l’entrée progressive dans le monde des morts.
La Lune décroissante (lune vieille) représente l’énergie qui s’éteint progressivement. Elle se décompose en : gibbeuse décroissante, dernier quartier, dernier croissant.

La Lune : Reflet de la lumière Divine
Elle est la Connaissance par la réflexion.
La Lune n’est pas la vérité mais seulement son miroir, fidèle ou déformant.
Elle est lueur douce et révélatrice qui n’éblouit pas.
Elle est le souvenir de la Loi Divine.
Le risque de la Lune est de sombrer dans l’illusion, le rêve, le sommeil de l’âme ou le mental non-maîtrisé.

Sagesse Céleste

Namaste


25 réflexions sur “La Lune : Archétype de la Mère Universelle

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