La Muse de l’Astronomie et de l’Astrologie : Uranie

Portrait Allégorique d’Uranie par un disciple de Louis Tocqué

« Je suis la servante de la Sophia, la Divine Sagesse.
J’œuvre et j’inspire les Astrologues et les Numérologues
qui se hissent jusqu’à moi, au sommet du plan mental.
Je suis la muse des Etoiles et j’ordonne les pensées célestes de l’Amour éternel »

Uranie

Uranie, Muse de l’Astrologie, est issue de la mythologie grecque dont le souvenir s’est effacé au fil des siècles. À l’époque grecque, Uranie est La Muse de l’Astrologie et de l’Astronomie, les 2 disciplines considérées  indissociables par les Grecs, ainsi que la Géométrie.
La « Muse » est une Egérie, une source d’inspiration, dans le cadre d’activités créatives. Dans l’Antiquité, l’angoisse de la page blanche, le souhait que des idées viennent à l’esprit, nécessitaient l’invocation d’une muse pour qu’elle descende du monde olympien, la résidence des Dieux grecs. C’est ainsi que beaucoup de sages et d’artistes accédaient au monde spirituel et se laissaient happer par des entités spirituelles. Celles-ci dépendaient d’un Être puissant que les Grecs nommaient Apollon.
D’un point de vue étymologique, le terme « Muse » est très intéressant, plusieurs interprétations sont possibles, on peut le traduire par les « filles de la mémoire » ou par les « nymphes de la montagne ».  Il est issu du mot grec mousaion qui veut dire le « Temple des Muses ». C’est du terme Muse que tire son étymologie le terme Musée qui, à l’origine, était un endroit où les hommes s’éduquaient et où les savants travaillaient sur leur recherche.

Un peu de Mythologie

Une fois la guerre contre les Titans terminée, les Dieux ont demandé à Zeus de créer des êtres divins qui seraient capables de mettre en exergue et de glorifier cette incroyable victoire des Dieux sur les Titans.
Les Muses sont donc les 9 filles issues de l’union de 9 nuits entre Zeus et Mnénosyne, la déesse de la mémoire (son nom est à l’origine des techniques de mémorisation mnémotechniques). Selon la tradition grecque, elles portent les idées artistiques et illustrent l’intellect des Hommes dans le domaine des arts et de la musique, ce sont elles qui inspirent les chants et les paroles des poètes. Chacune des muses représente un art particulier : la danse, la musique, l’histoire, la comédie, la tragédie, la poésie sacrée, la poésie épique, la poésie lyrique et enfin l’astronomie.

Terpsichore : Muse de la Danse
Terpsichore
vient de térpeô qui veut dire « apprécier » et khorós qui veut dire « la danse »Elle est donc la Muse qui « aime la danse ». Ce serait la mère des sirènes.

Euterpe : Muse de la Musique
Le nom de la Muse Euterpe vient du grec ancien Eutérpê qui se traduit par « qui sait plaire ».
Elle serait la créatrice de l’Aulos (double flûte), c’est pour cette raison qu’elle est souvent représentée jouant de cet instrument.

Clio : Muse de l’Histoire
Le nom Clio vient du grec ancien Kleiố qui veut dire « la gloire ». Elle serait l’inventrice de la guitare.

Thalie : Muse de la Comédie
Le mot Thalie en grec ancien se dit Tháleia ou Thália et se traduit par « la joyeuse, la florissante »Elle est la Muse qui préside la comédie.

Melpomène : Muse de la Tragédie
Le mot Melpomène en grec ancien Melpoménê se traduit par « chanter ». C’est de cette racine étymologique que vient le mot Mélopée. Elle est la Muse du chant, de l’harmonie musicale, ainsi que de la tragédie.

Polymnie : Muse de la Poésie Sacrée
Le nom Polymnie vient du grec ancien Polymnía et qui peut se traduire par la « déesse aux nombreux hymnes ». Polymnie est la Muse de la Rhétorique. On dit qu’elle est la source d’inspiration des poètes, elle est l’inventrice de l’harmonie.

Calliope : Muse de la Poésie Epique
Le terme Calliope vient du grec Kalliópê qui se traduit par « belle voix ». Elle est la Muse de l’Eloquence.

Erato : Muse de la Poésie Lyrique
Le nom Érato du grec ancien Ερατώ et du latin Erato se traduit par « aimable, charmant » ou encore par « l’aimable ». Le terme Érato descend de la même racine qu’Éros. Elle est la Muse du chant nuptial et de la chorale.

Uranie : Muse de l’Astronomie, Astrologie et Géométrie
Uranie signifie « la Céleste », Ourania en grec est la forme féminine d’Ouranos, le Ciel.

Les 9 Muses sont en général en compagnie d’Apollon et ont pour fonction de jouer de la lyre afin d’apaiser les dieux grecs. Elles font partie des personnes qui peuvent affirmer que la vie est une fête.

Un peu d’Histoire

Au Moyen Âge, les souvenirs d’Uranie se dissipent au moment du développement du christianisme et de l’abandon graduel des cultes païens gréco-romains.
C’est à cette époque que les astronomes ont eue comme patron Saint Dominique, le fondateur de l’ordre religieux des dominicains. L’étude et la pratique de l’astronomie restent enseignée exclusivement dans les cercles religieux, avec les arts libéraux dont l’astronomie fait partie intégrante. L’astronomie est particulièrement pratiquée par les moines pour déterminer la date de la fête de Pâques dont les prévisions se fêtent par rapport au calendrier lunaire.
Dans la culture moderne et contemporaine, Uranie dessine un regain d’intérêt pour les savoirs et la culture antique. Par exemple, Uranie dans la peinture ouvre une dynamique où les artistes expriment leur créativité en reproduisant la perfection qu’ils persévéraient autour d’eux dans les lois de la nature. Ils produisent des œuvres harmonieuses et réalistes en usant de principes mathématiques et géométriques. De l’autre côté, se développe un intérêt pour l’astronomie avec le Soleil, la Lune et le mouvement des planètes devenant le référent cosmologique comme représentation de l’ordre et de la perfection. Le mot « cosmos » veut dire univers mais un « univers ordonné ». Cet ordre personnifie la perfection et les peintres de l’époque ont voulu le représenter par la Muse de l’astronomie.
Uranie est alors peinte vêtue d’une robe fluide azur, couronnée d’étoiles, entourée de sphères et un compas à la main.

Un peu d’Astrologie

La Muse Uranie, la  Sagesse des Etoiles, se distinguait par sa beauté. Elle était la mère de Linos qu’elle a eu avec Apollon. En effet, Uranie était la bien-aimée d’Apollon et sa disciple. Elle est associée à l’amour fraternel ou spirituel, on la désigne aussi comme l’Aphrodite Uranie, cette association distille « l’Amour Céleste ». Uranie est, par sa mère, la petite fille du dieu du ciel Ouranos, elle symbolise le ciel étoilé, les étoiles étant des « demeures » ou plutôt des corps physiques subtils des mondes stellaires. Le ciel et l’espace sont perçus comme la patrie ou la résidence des Dieux. Uranie, la Muse des Astrologues, vestige d’un temps où l’astronomie et l’astrologie n’était qu’une seule discipline,  est « visionnaire » et elle porte en elle la qualité d’indiquer et donner des indications sur l’avenir grâce au positionnement des étoiles et des planètes.
Être inspiré par la Muse Uranie demande d’être en parfaite conscience, de pratiquer la méditation créatrice qui permet d’accéder au monde spirituel en pleine lucidité. Aujourd’hui, user d’astrologie, de numérologie ou de tarologie demande beaucoup d’humilité et d’être capable d’entrer dans le monde spirituel en s’élevant jusqu’au sommet du plan mental (Uranus est la Conscience Supérieure). C’est pour cela que la guidance de la Muse Uranie met en garde afin de ne pas succomber à la tentation de jouer « le sachant » en indiquant le chemin à suivre à son prochain. La Muse Uranie nous enseigne et nous conseille d’aider la personne qui en a besoin en lui faisant prendre conscience de son libre arbitre et de son formidable potentiel qui sommeille en elle et ne demande qu’à se réveiller.
Uranie honore le libre arbitre de chacun. Elle reste la cheffe de file des entités spirituelles, archétype de l’éternel féminin, et le plus bel Être représentant la mère de la vie ou le Saint Esprit. Pratiquer l’astrologie demande une connaissance mythologique, ésotérique, psychologique, spirituelle et intuitive, impliquant forcément une compréhension complète et solide du fonctionnement de l’Être humain. La personne qui souhaite aider son prochain doit s’engager dans une attitude de méditant pour accéder au monde spirituel et atteindre la source de la connaissance. Il doit savoir que l’Être humain est un esprit incarné dans plusieurs corps, que l’esprit humain doit apprendre à maîtriser les 3 outils de sa personnalité que sont sa pensée, son sentiment et sa volonté.
La véritable pratique de l’astrologie n’est ni une connaissance intellectuelle ni une connaissance psychologique, c’est une connaissance ésotérique et spirituelle. La quête de l’astrologue holistique est spirituelle, il sera forcément un aspirant engagé dans un cheminement spirituel, à savoir méditant. Il devra étudier le ciel de naissance en le balayant de sa vision globale et en cherchant à pénétrer le mystère de cette incarnation. En effet, pour déterminer l’originalité d’une individualité humaine, il nous faut la voir comme un « Tout » et c’est de ce « Tout » qu’émergera une forme de « signature » de l’Être humain. L’Être humain est complexe, il ne se laisse pas saisir par le simple fait qu’il soit né sous tel signe ou tel ascendant. L’astrologue devra donc faire preuve de rigueur scientifique, d’inspiration poétique et d’esprit de synthèse afin de lever le voile sur les secrets de la nature humaine.
Le moment de la naissance est l’instant exact de notre premier souffle autonome. La destinée, association de la nécessité karmique et du libre arbitre, s’élabore dans le monde spirituel avant notre incarnation. L’astrologue doit savoir que le cycle évolutif majeur de l’Être humain est de 7 ans. Le nombre 7 est celui du temps qui s’écoule dans l’incarnation. Il est relié à Saturne qui fait le tour du zodiaque en 4 fois 7 ans. La vie humaine, la destinée, s’inscrit en cycle de 7 ans.

« Je vous adore, ô ma chère Uranie !
Pourquoi si tard m’avez-vous enflammé ?
Qu’ai-je donc fait des beaux jours de ma vie ?
Ils sont perdus ; je n’avais point aimé.
J’avais cherché dans l’erreur du bel âge
Ce dieu d’amour, ce dieu de mes désirs ;
Je n’en trouvai qu’une trompeuse image
Je n’embrassai que l’ombre des plaisirs.
Non, les baisers des plus tendres maîtresses ;
Non, ces moments comptés par cent caresses,
Moments si doux et si voluptueux,
Ne valent pas un regard de tes yeux.
Je n’ai vécu que du jour où ton âme
M’a pénétré de sa divine flamme ;
Que de ce jour où, livré tout à toi,
Le monde entier a disparu pour moi.
Ah ! quel bonheur de te voir, de t’entendre !
Que ton esprit a de force et d’appas !
Dieux ! que ton cœur est adorable et tendre !
Et quels plaisirs je goûte dans tes bras ! »

Extrait du poème « Voltaire, Épîtres, stances et odes »

Namaste


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