La Saga du Pèlerin ou l’Itinéraire du « Fou Egaré mais Libre »(10): La Justice

Le Juge Intérieur

Archétype de l’Equilibre et de l’Ordre
Verbe : Normaliser, Officialiser, Evaluer, Confronter, Décider, Trancher, Harmoniser

L’image de couverture est une interprétation du Tarot de Marseille : le Tarot du Funambule

Décision, Discipline, Examen de Conscience
Elément : Terre
Influence planétaire : Mercure et Mars
Energie : Yang
La Justice, symbole d’accomplissement, équilibre notre vie. La Justine démarre le septénaire de l’Âme. Cheminer vers l’Âme requiert rigueur et constance, la Justice est là pour faire respecter les « Lois de l’Univers ».

Ta seule obligation en n’importe quelle vie est d’être vrai avec toi-même.

Richard Bach

L’Image

Une femme, assise sur un trône, tient d’un côté une épée, de l’autre une balance. Elle est en train de peser le pour et le contre et se prépare à trancher. Son regard, fixe et vu de face, symbolise l’intransigeance de vérité.
La Justice, avec le nombre 8, est le « sommet » des nombres pairs : après l’accumulation du 2, l’établissement du 4, et la découverte du plaisir du 6, le 8 atteint l’état où il n’y a rien à ajouter ou à ôter. Symbole d’accomplissement, la Justice, avec sa balance, équilibre la Vie. Equilibre et perfection ne sont pas synonymes de symétrie et, de fait, la lame de la Justice est construite de façon dissymétrique : le pilier droit de son trône est plus haut que l’autre et se termine par une petite sphère orange absente du côté gauche, les plateaux de la balance ne sont pas sur le même plan horizontal, l’épée n’est pas parallèle à la colonne du trône, le collier monte plus haut à gauche.
La balance évoque le plan horizontal quand l’épée signifie le plan vertical. Elle projette la figure de la Croix.

*La Balance : met en lumière la « science de la balance » qui consiste à mesurer le « désir de l’Âme du Monde ». Matériel et Spirituel sont évalués. Entre le monde lumineux et ténébreux, la balance met en équation une notion fondamentale de l’univers : l’Equilibre. Les plateaux de la balance reflètent la dualité du monde. Noces sacrées, épousailles mystiques de la vie et de la mort, de la Lune et du Soleil, la stabilité de la balance s’élève à son plus haut degré.
La balance est tenue par la main gauche, celle du cœur, tournée vers le passé, elle signe un geste sacré, un mudra (signifie sceau, signe, geste ou rituel qui désigne une position codifiée et symbolique des mains) où les 4 doigts de la main sont les 4 instances de l’Être humain (pensées, émotions, désirs et besoins corporels) et se rejoignent dans le pouce.
On observe que les plateaux ne sont pas à l’équilibre, le coude de la Justice pousse le plateau gauche quand son genou lève le plateau droit dans un mouvement subtile et presque non visible si l’on ne prête pas attention. La porte s’ouvrirait elle sur la chimère d’un équilibre illusoire qui ne serait que simplement humain soit drapé de fausse perfection et de ruse ? Ce geste ne parle t il pas de l’exigence de perfection qui n’est pas humaine puisque tout ce qui est parfait est figé et donc mort ?
Cet équilibre déséquilibré serait un substitut sacré qui se nourrit dans une notion d’excellence qui permet l’action d’être dynamique et perfectible !

*L’Epée : instrument fondamental de la loi de conséquences, l’épée tranche ce qui est bien et ce qui est mal. Elle se brandit, s’élance vers le ciel avant de s’abattre en pénétrant et transperçant. Trancher sans connaissance, sans conscience et sans sagesse n’est pas la résolution juste.
L’épée est tenue par la main droite, main qui agit, affirme et décide.

*Le Regard : la Justice supérieure est toujours personnifié par une femme, les yeux bandés pour préserver son jugement, son intégrité et ne pas subir une quelconque influence. La Justice, dans le Tarot, est le premier arcane à regarder de face, il invite à affronter la vérité en face. Voir juste et vrai est l’injonction de ce regard fixe et froid. Il incite à une introspection sans faille, à plonger dans le présent, il appelle à une prise de conscience. Les yeux sont associés à la lumière et aux capacités spirituelles.

*Le Trône habite la lame par sa stabilité et sa solidité, il trône avec ses attributs actif (l’épée) et réceptif (la balance). La symbolique du double cube s’impose dans cette forme massive et pleine. Le dossier se dessine dans une forme incurvée comme un croissant de Lune, il révèle la dynamique douce et réceptive de l’énergie de la Justice, elle ne ploie ni sous la dureté, ni sous la sécheresse ; il ne faut pas se fier aux apparences.
Le Trône, point d’appui, comme la balance, l’épée et la coiffe, rayonne dans une splendeur éclatante (jaune) ; rien ne peut être évité, ni dissimilé, ne contourné, ni détourné sans que Justice n’intervienne !

*La Tâche violette : sous le coude de la Justice, à droite, on remarque une tâche violette, la plus grande de tout le jeu de Tarot. Cette couleur si rare, si secrète, est symbole de sagesse. L’Energie de la lame transpire la sagesse, une lumière bleue émane des plateaux produisant la pesée de la spiritualité, quand l’épée bleue aussi tranche le superflu et invite à se séparer de l’inutile. Cette arcane délivre une message d’Unité.

*Le Costume : l’ordonnance des couleurs est identique que celle de la Papesse et l’Impératrice, le bleu et le rouge. Le Bleu est sur le rouge, l’intuition domine l’action. Cette 3ème figure féminine, comme les 2 premières, « sait » car elle écoute et entend la voix intérieure. Agir, c’est être attentif à ce qui vit dedans (rouge), et c’est faire connaître par les filtres subtils des qualités sensitives et inspirées (bleu). Il y a aussi la couleur verte qui évoque la puissance de transformation. La Justice est profondément humaine, cheveux couleur chair, la robe qui s’enfonce dans la terre la relie au plan terrestre. Elle est le point de rencontre entre le divin et l’humain.
On observe 9 triangles montants en pattes d’oiseau sur fond bleu ciel sur ce qui pourrait être considéré comme une hermine, signe de royauté et de justice (la robe d’avocat ou de magistrat comporte de l’hermine), la noblesse est celle de l’esprit sublime et de l’action sans défaut. La Justice est la digne représentante du « dieu intérieur » qui pousse à l’évaluation sans fard et sans complaisance de l’Être !
Sur sa coiffe, on voit une cercle central, point où se situe le 3ème œil, regard supérieur d’une intelligence reçue de l’univers, symbole de purification qui active la confession qui libère du fardeau de la culpabilité.

Processus Initiatique
« La Loi de cause à effet »

L’arcane de la Justice symbolise l’initiation à la pratique de la philosophie de la « Voie du Milieu ». Cet enseignement bouddhiste demande de constamment équilibrer un aspect par son contraire ou son opposé, comme l’opposition entre « je suis » et « je deviens », entre l’absolu et le relatif, entre l’éternité et le temps, entre effort et non effort, entre vie contemplative et vie active, entre spirituel et matériel. La Justice valide l’action juste et équilibrée entre la conviction intérieure et le geste extérieur. Par son enseignement, l’Être est appelé à passer de faire « beaucoup pour obtenir peu » et à faire « peu pour obtenir beaucoup ». Elle apprend l’équilibre entre le monde extérieur et le monde intérieur pour rappeler que la réalité qui entoure est malléable et que l’on peut la façonner comme un sculpteur utilise le bois. Elle vise l’équilibre parfait entre la vie extérieure et la spiritualité. Elle demande à l’Être humain de juger lui-même de ses actes et de corriger les situations négatives par des actes positifs. La Justice demande d’être capable de s’octroyer une punition ayant pour but l’amélioration de soi. En identifiant le manque, elle appelle à le combler. En dehors de l’auto capacité à se juger, la Justice représente également le « jugement du karma » et ses conséquences toujours dans le but d’épurer et de raffiner l’âme. Elle travaille principalement sur les intentions et les actions. Elle devient ,par son travail d’harmonisation et d’équilibre, une force d’évolution et de croissance.

La Justice dans l’univers junguien

Dans l’univers junguien, la Justice correspond à l’instance morale qui juge et redonne une direction plus adaptée. Sévère mais juste, la Justice effectue un bilan et fait tomber les illusions : elle oblige à voir la vérité en face même si elle dérange par un constat impartial de la conduite. La Justice est l’archétype de la punition et de la récompense. Elle est le système d’autorégulation psychologique et psychique d’un Être humain. Elle est intuitivement perçue comme une force transcendant largement la loi des Hommes en s’apparentant plus à une loi naturelle ou une forme plus ou moins mystique du karma. Elle est concrètement une loi de cause à effet. Dans la psychologie des profondeurs, la justice symbolise la partie du Soi qui cherche la perfection à travers des processus cognitifs de l’intelligence rationnelle et de la logique.

Sens Esotérique

(+)L’Equilibre parfait entre le cœur et la raison ou entre le matériel et le spirituel
(+)La Justesse et la Perfection des actes et des pensées
(+)La Voie du Milieu, la Route Sacrée
(+)Les Figures d’autorités personnelles et sociales
(+)Être capable de s’analyser et de se punir ou de se rétribuer honnêtement
(+)Se débarrasser de l’inutile, s’éloigner de ce qui ne convient plus
(+)Être capable d’avoir l’esprit clair et être capable d’acquiescer ou de refuser
(+)Faire la distinction entre le subjectif et l’objectif
(+)Être exactement à sa place
(+)Performer l’Action Juste
(-)Le Perfectionniste castrant
(-)User de l’autorité avec un pouvoir et une intention malsaine
(-)La Froideur et la Justification qui empêchent de voir le déséquilibre de ses actes

La Justice et le Nombre 8

Le nombre 8 est un Nombre Cosmique, c’est la somme de 2 carrés : 4 + 4.
Le nombre 4 correspond à la matière, à la terre, au cube.
La symbolique de la croix passe aussi par ce nombre qui, en se libérant, expriment les parties terrestres et célestes représentées par les 4 points cardinaux. Le nombre 8 permet donc une évolution considérable à travers une transformation du 1er potentiel (4) vers le 2d potentiel (4). L’octonaire permet de cheminer dans le but d’atteindre la vie éternelle. La forme octogonale est un symbole de résurrection.
En mode vertical, le nombre 8 s’apparente au sablier où le temps s’écoule, immuable, sans commencement ni fin.
En mode horizontal, il représente le lemniscate : symbole mathématique et symbole de l’infini. Il prend la forme d’une balance dont le point d’équilibre nous appartient. Il est nécessaire d’utiliser son libre arbitre pour peser le pour et le contre. Ce sigle, considéré comme celui de l’illimité, est aussi un défi majeur. Il est donc conseillé de prendre soin l’utilisation de principe qui reproduit toujours les mêmes formes et qui ne sait ni transformer, ni se transformer.
Le double carré du 8 insiste plus que tout sur les notions de solidité et de stabilité. La Justice ne saurait rendre sa sentence sans cette assise qui la rend inébranlable et inaltérable. La Terre est ici représentée dans son volume et non dans sa surface.

La Justice et l’Astrologie

Tout le développement de cet arcane évoque le signe de la Balance lorsqu’il est rattaché à sa planète d’exaltation : Saturne. Ordre, rigueur et conscience sont ainsi rassemblées pour honorer des qualités profondes essentielles de cette étape du zodiaque. Parallèlement, et bien que la symbolique soit différente, la Justice trouve un écho fondamental dans la 8ème maison astrologique. Dans cette dynamique, nul besoin de chercher des correspondances à tout prix, simplement se fier et relier les symboles.

La Justice et la Mythologie

Maat, déesse de la mythologie égyptienne, avait pour fonction de peser les âmes après la la mort. Dans un des plateaux, la « plume de vérité » permettait d’effectuer cette pesée.
L’antiquité grecque confie à Thémis, déesse de la justice par le truchement des 4 éléments, le p,ouvoir de châtier les coupables. L’accusé, pour prouver son innocence, devait suivre le châtiment de la déesse qui dispensait des épreuves selon les éléments :
*Punition par le Feu : il devait marcher sur les braises, traverser le feu
*Punition par l’Eau : l’accusé, enfermé dans un sac, était jeté à la mer ou mis dans une barque sans rame ni gouvernail
*Punition par l’Air : l’accusé était précipité d’une falaise
*Punition par la Terre : l’accusé était enfermé dans une fosse profonde recouverte de feuilles et de branches
Si l’accusé arrivait à triompher de l’élément qui le punissait, il était reconnu innocent.

La lettre hébraïque : Heith

Equilibre Cosmique

Heith est une lettre qui évoque un lieu clos où les forces en présence doivent apprendre à vivre ensemble ou se combattre. Il s’agit de la continuité de l’énergie Zayin, qui induit soit à se nourrir ensemble, soit à s’affronter, mais surtout à dépasser les limitations afin d’accéder à la transcendance. C’est une lettre de discrimination marquant la séparation entre les choses de valeur et les choses saines. Elle symbolise l’équilibre universel qui, en lui-même, stabilise l’air céleste et la terre concrète ; c’est un réservoir d’énergie et de force vitale. C’est l’acte créateur introduisant la loi organique de fonctionnement général, dans le mouvement créé par l’attrait ou la répulsion.
La lettre Heith est très clairement une « lettre séparative » afin de provoquer l’Harmonie !
Elle est au service du divin par lequel on peut s’élever, elle est reliée à la notion de résurrection et d’éternité future.

Dans l’Arbre de Vie de la Kabbale, la lettre Heith, qui est la 8eme lettre, relie Keter, l’Esprit (cristallisation primitive du non- manifesté, état d’être, aura humaine) et Tepharet, la profondeur (lieu de transmutation entre les plans de la force et les plans de la forme). Elle traverse la présence invisible de Daat, énergie de la Justice, qui peut provoquer des impacts directs au cœur de l’Être : humeurs incontrôlées ou émotions subites (abattement ou violence), des réactions mentales imprévisibles liées au refoulement trop longtemps contenu !
La force de cette énergie est d’organiser l’ensemble des directions d’où émerge une relation verticale entre le divin (le ciel) et la matière (la terre). L’équilibre se définit comme un ordre visant à générer de la stabilité sans s’inscrire dans la fixité. L’état d’être intérieur de la Justice nécessite une harmonie entre la réalité interne et la relation au monde extérieur. Respecter exige de vivre en intimité avec la qualité de spontanéité associée à l’intelligence du cœur. Rendre gloire à la Justice, c’est affermir la présence divine en Soi.
La loi d’équilibre est la base pour être juste, accepter l’alternance entre le dedans et le dehors, entre le Haut et le bas, entre l’esprit et la chair. La Justice incline à la perfection en évitant l’écueil de se piéger soi-même par la désir volontaire de vouloir trop bien faire !

La Justice et la lettre H

Le 8ème arcane du Tarot, la Justice est reliée à l’énergie de la lettre H. Cette lettre tire son origine des hiéroglyphes égyptiens qui désigne un Homme. La Justice du Tarot ne sera-t-elle qu’Humaine et n’existerait elle que pour les Humains ? Homme, Humanité, Histoire, Héritages ne peuvent se dissocier du 8ème arcane. Ces mots s’inscrivent dans le symbole d’éternité émanant de cette Huitième lettre de l’alphabet.
La lettre H est le symbole de barrière, il rappelle la réaction qui suit l’acte, l’effort par le travail, les étapes, les limites à franchir, la raison, la volonté de réussite ainsi d’un sens de la justice qui apporte récompense ou de châtiment.

La Justice en Cartomancie
« La Lucidité acquise par l’Intégrité »

La Justice est un arcane définissant la droiture, l’ordre, la vigilance et la rectitude. Cette voie est poursuivie avec fermeté et persévérance. La Justice récompense la fidélité envers des principes solidement établis, pourvu que ceux-ci servent de jalons à l’évolution. Dans le cas contraire, elle se caractérise par une attitude tranchante, proposant d’éradiquer ce qui constitue une gêne au développement de l’Être. Privilégiant l’honnêteté et le respect des règles, cette lame se pose aussi quelquefois en invitation à établir le bilan de sa vie, en toute impartialité. Au fond de soi-même, on sait très bien ce qui est juste. Il devient nécessaire de s’y conformer sans compromis. Le discernement du bien et du mal qu’elle partage avec l’Amoureux présente ici un aspect tranchant comme le glaive.
La notion d’équilibre est bien évidemment inhérente à cet arcane. L’équilibre intérieur peut être atteint en cultivant l’équité dans le comportement et les actes. En rapport avec l’élément Air du Verseau, cet arcane dénote encore une tendance intellectuelle permettant de faire la part des choses et d’agir avec mesure. Il se pose également en manifeste pour le triomphe de la vérité et de la raison, de l’éthique et du bon sens, indiquant une directive morale que l’on doit s’astreindre à suivre dans sa vie. Faute de quoi, on récolte ce que l’on aura semé, et le manque d’équilibre sera sanctionné par d’inévitables conséquences. La Justice ne peut faire défaut très longtemps, de sorte que si elle jouait en notre défaveur dans la divination, on aurait tout intérêt à s’y conformer du mieux possible.
En excès au contraire, l’arcane peut dénoter le besoin de laisser une part plus importante à la miséricorde et à la douceur. Que ce soit vis-à-vis de soi-même ou de son prochain, la sévérité, la rigueur et l’intransigeance ne doivent pas être poussée dans les extrêmes, sans quoi le caractère devient pour le moins borné et sans nuance, par trop strict et rigide.

La Justice et sa place dans le Tarot

La position de la Justice est parfois controversée dans l’organisation du Tarot. Il arrive que la Justice se trouve la place de la Force, bénéficiant ainsi de la vibration du nombre 11. Dans ce cas, elle est investie d’une mission particulière en rapport avec le pouvoir de ce maître nombre.
En place du nombre 8, entre le Chariot et l’Hermite, la Justice est le 1er arcane du 2ème septénaire et l’avant dernier arcane du cycle constitué des 9 premiers nombres. Le Chariot manifeste une énergie centrifuge tandis que l’Hermite indique une énergie centripète. Situé entre les 2, la Justice intervient pour réguler et équilibrer ces 2 puissances.
Quoi qu’il en soit de ces 2 propositions et du choix de chacun d’y adhérer, il convie d’envisager qu’il y a, tout comme en astrologie, un tarot exotérique et un tarot ésotérique. En fonction de l’esprit de l’un et de l’esprit de l’autre, du moment de l’utilisation et de la capacité à percevoir, certains grands archétypes doivent modifier leur place.
Chez les pythagoriciens, le nombre 8 symbolisait la réflexion, la prudence et la justice. La position de cet arcane dans l’ordre du Tarot de Marseille n’est donc pas surprenante.

La Justice et le Karma

« Les hommes sont héritiers de leurs actes »

Bouddha

Cette citation nous met en rapport avec l’approche ésotérique et initiatique du Tarot. Il s’agit de la pesée des actes débouchant sur la loi de cause à effet : « on récolte ce que l’on sème ». En ce sens, cet arcane est dans l’analogie avec le karma. Ici, il n’est plus question de regarder la Justice comme la justice. Le résultat du travail proposé dans cette étape se dévoilera beaucoup plus loin, à l’étape de l’arcane XX, qui n’est pas le propos de cette phase, bien qu’ils soient intimement liés. Dans le respect de l’univers et de l’ordre que nous savons y maintenir, nous semons les graines que nous récolterons plus tard. Qu’en sera-t-il du bon grain et de l’ivraie ? Pour que la Justice existe, il faut que le Juste existe. Sa fonction se situe au-delà des contraires et des oppositions, donnant une place juste et une juste place à chaque chose. Ainsi garante de toute éternité, le lemniscate, symbolique du 8 couché, figurant du signe de l’infini, persiste et signe dans sa relation subtile avec cet arcane, lui conférant un pouvoir qu’il est convenu de considérer comme spirituel et immortel.

Synthèse

C’est l’heure de l’examen de conscience et de la discipline. Face à l’arcane de la Justice, initiatrice du chemin de l’âme, il est nécessaire de requérir de l’exigence, il n’est plus possible de tricher avec soi-même. On est amené à voir les choses telles qu’elles sont, à confronter ses rêves et ses projections à la réalité. On apprend à être rigoureux avec soi-même, à se montrer raisonnable, juste et consensuel. L’étape de la Justice invite à accepter les lois de la nature et ajuster ses désirs avec la situation concrète dans laquelle on se trouve. Il faut se montrer confiant et ne pas craindre ce passage, même si l’enseignement de cet arcane est parfois sévère : voir la vérité en face, même si elle dérange et contraint à renoncer à certains idéaux, elle permet d’agir en harmonie avec l’existence. L’énergie de la Justice implique une décision qui ne doit pas être prise à la légère. On récolte ce qu’on l’on sème, elle enseigne l’intégrité et l’implacabilité.

La Justice qui plaide :
« L’accomplissement de l’univers est ma justice, qu’elle donne à chaque galaxie, chaque soleil, chaque planète, chaque atome, la place qu’ils méritent. Grâce à moi, le cosmos est une danse. Chaque naissance, chaque spirale, chaque étoile qui s’éteint, a sa place dans l’univers. Je permets à chaque Être d’être ce qu’il est, chaque poussière, chaque comète, chaque Être humain mérite d’accomplir la tâche que la Loi suprême lui a donnée. À la moindre déviation de ce décret, je prononce le châtiment suprême : celui qui dévie sera expulsé du présent.
Quand j’apparais dans le corps d’une femme, elle devient une mère véritable. Enfanter, c’est donner un lieu dans l’ici et maintenant, à la Conscience infinie. Moi, Mère Universelle, je me situe au croisement éclatant et monumental ou l’océan de la matière entre en contact avec l’âme impalpable, qui se désintègre comme une pluie pour faire vivre chaque fragment dense. Chaque instant est juste parfait. De l’action, j’élimine toute intention subjective. Je permets que les choses soient exclusivement ce qu’elles sont. Je donne à chacun ce qui mérite : à l’intellect, vide ; au cœur, la plénitude d’amour ; au sexe, le plaisir de la création ; au corps, la prospérité qui n’est autre que la santé ; à la 5ème essence, la Conscience, je lui donne son centre qui est le Dieu intérieur.

Alexandro Jodorowsky « La Voie du Tarot »

Namaste

Cette fable est soutenue et inspirée par plusieurs livres que je vous partage afin de les découvrir dans leur essence, en effet je n’invente rien je fait juste du lien !
*Ombres et Lumières du Tarot ; Carole Sédillot
*La Voie du Tarot ; Alexandro Jodorowsky/Marianne Costa
*ABC du Tarot Analytique ; Suyin Lamour
*Créer son succès avec le Tarot Coaching ; Sébastien Michel
*Les Clés Esotériques du Tarot Truth
*L’alphabet hébreu et ses symboles ; Georges Lahy
*Kabale et Tarot ; Dominique Aucher

Les Arcanes du Tarot utilisés pour imager le titre sont issus du très beau jeu « Tarot du Funambule » créées par l’artiste minimaliste Siolo Thompson ; artiste autodidacte, elle vit et travaille à Seattle, dans l’état de Washington. Elle se sert dans son travail de divers supports et techniques. Des études de littérature comparée l’aident dans sa quête pour traduire des idées, des émotions et des histoires complexes dans le langage des arts visuels. Elle est également l’auteure de L’Oracle des Simples, du Tarot de l’Entre-Mondes et du Calendrier Botanique de la sorcière.
Elle s’inspire, ici, des 78 cartes du célèbre Rider Waite Smith, elle intensifie l’interprétation et pousse à une compréhension plus approfondie. Grâce à ses images douces mais évocatrices, elle nous invite à voyager entre 2 mondes afin d’y trouver une guidance, y toucher l’équilibre entre Magie et Monde réel.


Pour le chapitre qui traite « l’image » il s’agit du jeu de Tarot de Marseille éditée par la maison Camoin.

A découvrir : La quête, fable de la quête initiatique du Tarot


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