Le Pied : Sa Symbolique

N’oubliez pas que la terre se réjouit de sentir vos pieds nus et que les vents joueraient volontiers avec vos cheveux.

Khalil Gibran ; artiste, écrivain, poète et peintre libanais d’expression arabe et anglaise (1883 / 1931)

Le Pied est composé de 26 os, 16 articulations, de 20 muscles et de 107 ligaments, il est le socle pour se tenir debout, il est l’instrument de la marche, il supporte « le poids du corps ».
Le pied est le point de contact avec le sol, le point d’ancrage associé à la Terre Mère : mère biologique ou mère spirituelle, c’est pour cela que l’on a 2 pieds ; le pied gauche qui symbolise la mère spirituelle, le pied droit la mère biologique. Le pied porte l’énergie féminine, le côté « ombre » de l’arbre de la connaissance, et fait circuler dans le corps le potentiel entier que l’on a en nous, les pieds sont « le miroir »de notre totalité.
Le pied permet de trouver la stabilité et la sécurité afin de s’enraciner sur « un territoire » et de se relier par l’autre extrémité la tête, au ciel. Il permet aussi l’expression du mouvement, c’est l’élan nécessaire pour s’extraire de nos racines d’origine et s’élancer sur « notre parcours évolutif personnel ».
Le pied est le lieu corporel de l’entrave et de la libération.
Le pied est ‘l’extrémité manifestée » de notre relation au monde extérieur.
Il est le symbole de nos attitudes, de nos actions ou inactions.
Il est duel,comme le signe zodiacal qui lui correspond, le signe des poissons (signe double mutable), signe d’eau. Le pied ressemble à un germe, forme de ce qu’est l’homme dans toute ses potentialités, il est tel un poisson baignant dans les eaux matricielles.

Il nous faut prendre le temps de « se pencher sur nos pieds » afin de les soigner, en prendre soin, les honorer et nous serions bien étonnés de tout ce qu’ils ont à nous enseigner.

Pied : « la richesse de notre territoire »

Le pied trouve son origine dans la racine indo-européenne « ped ». Elle a formé les mots comme « antipode », « piédestal » ou « podium ».
« Antipode » est une invitation à aller à l’opposé de l’endroit où on se trouve, quant à « piédestal » ou « podium » propose de s’élever vers la première marche, se trouvant au sommet.
La symbolique du mot pied se retrouve dans les 3 lettres de sa racine linguistique, « P » comme puissance, « E » comme élévation, et « D », le lieu de gestation (forme arrondi comme un ventre) de la personnalité, le processus de naissance à soi-même.

Le mot « P – I – ED » se compose de « PI » soit « pays » et « ED » autre racine indo-européenne qui signifie « richesse ».
Le « riche pays » sous nos pieds, nous allons l’ensemencer, le « planter » puisque la « plante des pieds » nous y incite.
La plante est aussi la « voûte » comme le souligne la « voûte plantaire », miroir de la voûte céleste avec la terre féconde.
Les pieds nous engagent à parcourir un chemin qui conduit aux « antipodes », celui-ci nous mènera vers le sommet de nous-même matérialisé dans le corps par la voûte crânienne.
Marcher est une méditation, comme les enseignements d’Aristote dans son école péripatéticienne (voulant dire « qui aime se promener »). Aristote marche avec ses disciples pendant l’enseignement.
Les pieds en mouvement, flottent entre la douceur du sol et l’élévation libre sans attache.
Ils sont le principe de vie, intensité du désir qui engendre les mondes pour les rapprocher les uns des autres.
C’est le désir de vie qui libère les pieds de ses chaînes, le soulage de ses pesanteurs et l’émancipe de son passé.

Le pied : réceptacle de l’énergie divine venue d’en haut

Le pied est la clef symbolique de « nos appuis relationnels », ce qui explique en outre l’importance des rituels de lavage des pieds.
Le pied est conducteur du fluide magique ou spirituel dont l’homme est chargé, cet « homme sacré » se reliant à la Mère Terre et permettant à l’énergie divine de s’y déverser.

Le vestigium pédis (terme de la doctrine chrétienne), désignent les traces laissées par les pieds de façon générale. Ce terme est utilisé par les historiens pour désigner les empreintes des pieds dans l’iconographie spirituelle des différentes traditions.
On retrouve au musée d’Istanbul les empreintes des pieds du Prophète dans l’Islam, dans l’hindouisme le symbolisme des paduka, les plus anciennes chaussures indiennes.
Les vestigium pédis présentent une symbolique puissante, complexe et souvent mystérieuse.
En Inde, les pieds du Guru (sage hindou), ainsi que les sandales qu’il porte sont vénérés comme les membres par lesquels la grâce divine serait susceptible de se transmettre aux disciples.

L’empreinte du pied du Bouddha nous montre que le pied contient tout le corps en entier, depuis le talon jusqu’à l’extrémité des orteils en passant par le roue solaire.
Il inscrit le « de – venir » de l’homme.
Le mot « pied » veut dire « début du mouvement », il est le tout début, le jaillissement de la source, le premier instant de conscience.
Si le disciple ressent ce premier instant, il devient un vrai guerrier et peut partir à la conquête de son royaume intérieur.

Dans la Tradition Chrétienne, il est classique, dans l’iconographie, de voir Jésus laver les pieds de ses Apôtres, qui signe l’humilité du fils de Dieu.
Il guérit ainsi les plaies de l’humanité, le pied est porteur de la symbolique de la santé car potentiellement il représente « l’Être malade tout entier ».
Marie-Madeleine, « la pécheresse », lave les pieds de Jésus avec ses larmes et essuie ses pieds avec ses cheveux, les couvrant de baisers et de parfum. Jésus l’absout de ses péchés : « si ces péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés c’est grâce à son amour infini. Celui qui ne pardonne pas, montre peu d’amour. Ta foi t’a sauvé, va en paix ». Le corps devient parfum.
L’acte de Marie-Madeleine est un acte de foi, acte d’amour, de pardon et de confiance.
La vie de Marie-Madeleine est vide, elle voit en Jésus son sauveur qui sera capable de lui redonner sa vie intérieure qui est en ruine.

Dans la Bible, les pieds nous rapproche de Dieu, le pèlerinage (du latin peregrinus qui veut dire « étranger ») est d’ailleurs un acte sacré de foi. La définition du pèlerinage est « voyage effectué par un croyant vers un lieu de dévotion en pratiquant la marche à pied ».
Les pieds mettent la personne dans les pistes terrestres, qui ne font qu’imiter les grands itinéraires des étoiles qui courent dans le cosmos.

Le pied : Empreinte de l’Âme

L’empreinte, comme une présence, suggère une énergie subtile de la trace de notre passage. Elle nous enseigne que les « pieds se souviennent », et l’empreinte en est la preuve symbolique.
Elle raconte l’origine de l’empreinte, ou de la chaussure, qui marquait la « renaissance du Dieu Solaire » au solstice d’hiver ; les chaussures au pied de l’âtre est une survivance de ce culte solaire, exprimant l’attente de la résurrection du Dieu nouveau.
Alors que les racines, signe de notre ancrage, restent enfouies dans la terre, l’empreinte permet de laisser les contours quelques fois imprécis de notre potentiel de création dans ce monde et de se manifester dans le visible.
Les pieds assurent de capter l’énergie de la terre afin de nourrir tout le reste du corps, forts et fragiles, ils ajustent l’état postural et le centre de gravité.
« Partir du bon pied » est l’assurance de stabilité et de puissance, la marche étant une chute arrêtée, chaque pas est un effort de s’élever vers le ciel suivi d’un retour vers la stabilité du sol. Ce mouvement revient à stimuler sans cesse le désir de hauteur. Il nourrit notre besoin de liberté, il nous ramène à la terre, « avoir les pieds sur terre » qui s’oppose à l’idée d’avoir « la tête dans les nuages ».
Lorsque que nous prenons profondément conscience du lien qui nous unit à la terre par la présence de nos pieds, nous nous sentons soutenus et acceptés.
Mon pied, c’est ma force qui se manifeste dans le monde mais c’est aussi l’expression de ma faiblesse, ma fragilité, c’est mon « talon d’Achille ».

Le mythe de Thétis, voulant rendre invulnérable donc immortel, son fils Achille, le trempe dés sa naissance dans les eaux sacrées de Styx, une seule partie du corps n’est pas immergé, le talon par lequel la nymphe Thétis le tien.
Achille, par le talon reste un fils de la terre donc mortel.

Mythologie Grecque

Le pied et le massage

Le pied est composé du talon, la partie postérieure qui supporte à lui tout seul les 2 / 3 du poids du corps, il parle de notre structure et de nos appuis ; en effet c’est la « base » sur laquelle on s’appuie pour marcher. Le pied se prolonge de 5 orteils, ayant chacun la qualité d’être capable de l’évacuation inconsciente des tensions du corps. Les orteils jouent un rôle essentiel dans la cohésion du pied et sa valeur en assurant la notion d’équilibre.
– gros orteil, la base de notre valeur
– 2ème orteil, orteil de la digestion
– 3ème orteil, point central, équilibre les relations
– 4ème orteil, recherche de perfection, perception du juste ou de l’injuste
– petit orteil, évacuation des « vielles mémoires », lorsqu’on se cogne le petit orteil, c’est un nettoyage forcé.
Le massage du pied a pour objectif de faire prendre conscience à la personne que ses pieds est une partie noble de son corps qu’il est nécessaire de respecter.
Le massage des pieds (et des jambes) permet de faire descendre l’énergie vitale, condition indispensable pour accéder au calme mental, la paix intérieure et le sommeil.
Un massage efficace des pieds, en plus de tous les bienfaits dus à la stimulation des zones de réflexologie plantaire, rend les pieds plus souples, plus élastiques, il réussit à effacer les tensions qui se regroupent souvent dans la plante du pied et qui peut fragiliser la relation à la terre en développant les « maux de pied ».
Il sollicite l’impression très nette que le pied s’agrandit, traduisant un sentiment d’être plus sûr de nos positions, nous apportant un meilleur équilibre.

Valeur Numérique du mot « pied »

P – I – E – D
16 + 9 + 5 + 4
34 / 7

Le nombre 7 est un nombre sacré évoquant les 7 jours de la Création, la perfection de l’homme, il nous relie à la spiritualité, la méditation, le repos ( le Shabbat).
Les pieds s’épanouissent en malkuth, en hébreu veut dire le royaume, le réceptacle de toutes les énergies divines venues d’en haut, qui correspond au 7ème jour de la genèse, l’oeuvre achevée, parfaite, Dieu se retire. Les pieds contiennent la totalité des énergies, les énergies des 6 jours de la genèse, potentiels d’accomplissement.
Le 7 est le chiffre de l’accomplissement de l’espace et du temps et de la réflexion après un cycle accompli.

Autre particularité, si on additionne les 26 (os) + 16 (articulations) + 20 (muscles) + 107 (ligaments) qui composent un pied, le résultat est encore le nombre 7 (169 = 1 + 6 + 9 = 16 = 1 + 6 = 7). Troublant non ?

Le mot « pied » est composé de 4 lettres, le pied est l’organe du mouvement, commençant par la lettre « P » du mot « Promener » qui suggérer la recherche de sérénité, sa sonorité parle de « paix », nécessité d’assurer l’harmonie en son royaume. Le « P » s’épanouit en prenant le pouvoir sur un territoire.
Le « P » contient le « I », principe de verticalité, affirmation de l’identité, d’un moi connecté au ciel, qu’il va falloir ancrer dans la terre.
La lettre « I » , ligne verticale du « E » qui relie les 3 plans de l’être en 3 lignes horizontales, le physique, le sensible et l’intelligible. Le « E » affirme la personnalité pleine et entière de l’homme. C’est une lettre entière qui permet à la personnalité d’être affirmée et sûre d’elle-même. Le « E » hérite du hasard et de la maîtrise introduits par la lettre « D » qui termine le mot pied.
La lettre « D », gestation de grande sensibilité intériorisée, a besoin de « son territoire » pour préparer en toute sécurité le processus d’alchimie intérieure.

Le pied est le langage de la recherche du meilleur chemin pour savourer sérénité et paix (P) en posant les bases de son royaume entre la terre et le ciel (I) afin que l’Être puisse se définir et s’affirmer dans l’axe de sa personnalité équilibrée (E), en sécurisant sa sensibilité et sa force intérieure (D).
Le pied est notre outil pour apprendre à avancer en lieu sûr, le but étant de pouvoir enfin marcher « pied nu » en toute confiance.

Nos pieds sont des biens précieux, ils sont les garants de notre liberté de mouvement, ils assurent notre verticalité et nous permettent d’être fermes et stables sur nos appuis. C’est en cela, que nous leur devons respect et honneur et prendre soin d’eux avec le cœur et gratitude.

Namaste

Source : la Symbolique du corps humain Annick de Souzenelle et le Parchemin Magnifique de Luc Bigé.


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