Mercure dans la Mythologie Grecque

Maître des Mots, Mercure en use et en abuse. Les symboles produits par Mercure sont indispensables à une compréhension synthétique et globale du monde où se meut l’Être.
Mercure invite à franchir les frontières qui séparent la vie de la mort, le conscient de l’inconscient, la lumière de l’obscurité, la joie de la souffrance. Il est le Messager entre le Ciel et la Terre.

Sagesse Céleste

Au début du Monde…

Les Mésopotamiens ont attribué à Mercure, Sihtu en akkadien (langue chamito-sémitique de la famille des langues sémitiques éteinte), les manifestations du dieu Nabû, dieu du savoir et de l’écriture, une sorte d’avocat divin qui libéra son père Marduck, le plus grand dieu babylonien, divinité agraire, dieu de l’exorcisme.
Mille ans avant Jésus-Christ, le culte de Nabû se substitua à celui de l’ancienne déesse sumérienne Nisaba qui était déjà la protectrice des scribes. Au 7ème jour du festival du printemps qui marquait la nouvelle année mésopotamienne, la libération de Marduck du monde souterrain par Nabû, symbolisait le retour de l’autorité royale et le début d’un nouveau cycle pour l’agriculture.

Au Temps de la Grèce Antique

En Grèce archaïque, le culte d’Hermés comme divinité pastorale remonte au 2ème millénaire avant notre ère et devance celui d’Apollon. Il se manifeste alors sous forme de monticules de pierres qui indiquent le chemin et marquent la limite des propriétés.
Dans le panthéon grec, Hermès naît des amours sécrètes de Zeus et de la plus jeune des Pléiades, Maia, l’une des filles d’Atlas. Le 1er jour de sa vie, il ôte ses langes et s’échappe de la caverne où il est né, il dérobe 50 bœufs appartenant à son frère Apollon. Malin comme un singe, Hermès a l’idée de faire marcher le troupeau à reculons et il chausse lui-même ses sandales à l’envers afin d’éviter de se faire prendre pour son méfait. Il offre quelques bêtes en sacrifice aux dieux et cache le reste du troupeau dans une grotte. De retour à sa caverne, il trouve une tortue et, dans un éclair de génie, s’en empare et fabrique la première lyre en tendant les nerfs des bœufs sacrifiés sur la carapace de l’animal.
Apollon découvre l’identité du voleur et somme son frère Hermès de lui rendre son bien. Charmé par le son de la lyre, il se laisse convaincre de négocier et de trouver une solution à l’amiable. Il troque ainsi la lyre contre les bœufs dérobés. Cet instrument ne le quittera plus. L’idéal apollinien solaire sera sans cesse confronté à l’opportunisme fulgurant de son frère rusé.
Zeus qui avait choisi l’astucieuse Métis comme épouse en première noce pour sa finesse d’esprit, est forcément séduit par l’ingéniosité et l’habilité de son fils et fait d’Hermès non seulement son messager personnel, mais aussi le médiateur, le protecteur, des échanges entre les dieux et entre les mortels. Quand il y a le chaos, c’est souvent Hermès qui résout les problèmes qui resteraient insolubles sans la dextérité de son intervention.
Hermés a aussi inventé l’alphabet, l’astronomie, les mathématiques, le système des poids et des mesures ; c’est donc de façon légitime qu’il devient aussi le protecteur de l’Astrologie.
Médiateur, guide et passeur, Hermès est psychopompe (conducteur des âmes des morts), il conduit les âmes dans le monde des enfers ou règne Hadès, divinité chthonienne, « Maître des Enfers », frère aîné de Zeus et de Poséidon. A l’aide de son caducée donné par Apollon, à la fois baguette magique et sceptre pacifique, emblème de guérison et de métamorphose, personnifié par 2 serpents entrelacés, Hermès indique le chemin à suivre.
Hermès est le frère jumeau d’Aphrodite et, de leur union, naîtra Hermaphrodite qui alimentera le mythe de l’androgyne repris plus tard par Platon. Les amours d’Hermès engendrent aussi le dieu Autolycos qui se démarque grâce à l’enseignement de son père, en incarnant le plus grand des voleurs et des parjures sans être jamais pris en flagrant délit.
Dieu des transitions, c’est Hermès qui enlève la jeune fille à la maison de ses parents pour la conduire à celle de son futur époux où Aphrodite veille à que tout se déroule bien entre les jeunes futurs mariés.
Si le plus malin des dieux use et abuse de ruses pour aider les Hommes, il n’en délivre pas moins de ses chaînes, Hadès, en remettant aux Hommes l’obligation de mourir. Cette attitude est au cœur de sa dualité tellement humaine faisant de lui le protecteur des marchands et des voyageurs le jour, mais aussi « le Prince des brigands » et le dieu des voleurs la nuit.
Hermès est l’intermédiaire entre les différents mondes, entre ce qui est en haut où se trouve Zeus/Jupiter, le roi des dieux, et ce qui est en bas dans l’antre d’Hadès/Pluton, le Prince des Morts ; Mercure aide à franchir les barrières qui séparent les mondes du visible et de l’invisible. Sa dualité, qui est une force et une duperie, est immortalisée dans une iconographie où une moitié de son visage se cache dans l’ombre.
C’est aussi le dieu des carrefours que l’on invoque pour obtenir protection et guidance sur la voie à suivre. Sa fonction de psychopompe, de gardien et guide des âmes dans leur dernier voyage vers l’au-delà, lui confère un pouvoir qu’il ne partage avec aucun dieu.

Quand Hermès devient Mercure dans le Panthéon romain

Mercure vient du latin et il est relié aux mots suivants merx (marchandises), mercari (commerce) et merces (salaires).
Hermès/Mercure et ses attributs :
– Une baguette en bois d’olivier ou de laurier entouré de 2 serpents et surmonté de 2 ailes, c’est le symbole enchanté de prospérité, de richesses et de protection contre les dommages. C’est le fameux caducée des médecins.
– Les sandales ailées (Talaria) et son « petase », son fameux chapeau à large bords avec des petites ailes, qui le rend invisible. C’est le symbole des commençants et des voyageurs.
– Sa bourse tenu à la main pleine de monnaie qui confirme son sens des affaires et sa bonne fortune habituelle.
Pour les Romains, avant que les multiples attributs d’Hermès ne soient assimilés à leur dieu Mercurius, ce dernier était une petite divinité du commerce. Les marchands célébraient sa fête le 15 mai (festival du commerce, les Mercuralia : à cette occasion, les marchands s’arrosaient la tête et leurs marchandises d’eau tirée de son puits sacré situé près de la Porta Capena).
Le culte d’Hermès/Mercure fut introduit à Rome en 495 avant Jésus-Christ et un temple fut érigé sur l’Aventin (l’une des 7 collines de Rome).
L’intelligence astucieuse et la fourberie assimilées au dieu grec n’est pas plébiscité par l’approbation morale des Romains, ceux-ci plus soucieux d’honnêteté et de vertu. Par principe, les Romains défendent plus le courage à la ruse. Le Mercure Romain est moins chenapan que celui des Grecs.
Tout au long de ses multiples aventures, Hermès fait preuve de flair (métis) pour saisir le moment opportun (kairos).
C’est un charmant enjoliveur toujours prêt à vous faire un tour dont il a le secret et dont vous ne suspectez rien, c’est un formidable illusionniste !

Hermès ou le spécialiste de la « Métis »

En digne fils de Zeus, le dieu à la « métis royale », la qualité fondamentale qui est omniprésente chez Hermès est justement « la métis ».
La personnification le plus accomplie de cette forme d’intelligence archaïque définit toute la mythologie de cette divinité. Cette forme d’intelligence primordiale, qui est reliée au discernement et à la ruse plutôt qu’a l’usage de la force, peut être qualifiée de « mercuriale ». C’est l’esprit de débrouillardise, le caractère insaisissable toujours aux aguets et prêt à combiner des solutions tout en inventant des ruses qui font d’Hermès un dieu à la métis par excellence.
Cette vision intuitive et fulgurante est spécifique d’un Hermès/Mercure. C’est le dieu des aubaines, le plus éveillé des dieux du panthéon grec. Il est ni fier, ni orgueilleux ; il est tout simplement entreprenant et efficace. C’est celui dont l’hybris (la démesure) est souvent payante, son audace impertinente met en joie son père Zeus plutôt qu’elle ne le fâche. En effet, cette attitude est porteuse de solutions ingénieuses qui servent à satisfaire tout le monde plutôt qu’à en imposer. Le dieu ailé aide souvent les gens à sortir du pétrin dans lequel le manque de discernement, l’ignorance ou le manque d’attention les a projetés. Malgré, ou à cause, de sa désinvolture et de son immoralité, son savoir-faire subtil rend de précieux services aux dieux comme aux Hommes.
La métis porte en elle aussi une part de nature roublarde et amorale qui nourrit de fait la partie sombre du dieu Hermès/Mercure. Tendre des pièges, se déguiser, leurrer pour arriver à ses fins, lui ont donné la réputation de trickster (personnage qui, dans des mythologies très différentes, joue un rôle consistant à dérégler le jeu normal des événements, à plaisanter sur les dieux), terme anglais qui veut dire « filou » et qui met en lumière tous les attributs négatifs du tricheur, du coquin, du magicien avec ses sortilèges, farces et attrapes. Ce renard rusé sévit encore et toujours et, s’il est indispensable de prendre conscience de tous les bienfais qui sont liés à l’intégration d’un Mercure à la métis constructrice il est plus important encore de comprendre la part sombre d’un Mercure à la métis destructive.
Les entourloupes d’un Mercure filou et immoral sont monnaie courante dans le monde des finances et de la politique car la métis s’étend bien au-delà de l’instinct de survie indispensable au chasseur archaïque qui tendait ses pièges, ou au pêcheur qui y avait recours pour jeter son filet au bon endroit.
Rester aux aguets et utiliser toutes nos ressources mercuriales est plus que jamais indispensable à la survie de l’humanité. L’interprétation du Mercure natal est particulièrement importante pour reconnaître et intégrer cette manière de vivre qui privilégie l’attention et l’intelligence plutôt que la force brutale et dissuasive.
Inventeur mythique de l’astronomie et guide averti des dieux et des hommes, Hermès/Mercure incite à pratiquer une astrologie à la métis bénéfique pour arriver à bon port.

Mercure et ses titres de Noblesse

Mercurius Terminorum : Mercure, dieu des frontières (principalement invoqué lors de violations de frontières).
Mercurius Mercator : Mercure, dieu des marchands.
Mercurius Fortunus : Mercure, dieu de la chance, de la bonne fortune.
Mercurius Atlantiades : petit-fils d’ Atlas ( le « porteur » en grec ancien), titan hésiodique du mythe fondateur de la mythologie grecque et de la Grèce Antique, père des Pléiades, des Hyades, des Hespérides et de Calypso
Mercurius Alipes : Mercure aux pieds ailés et magiques .
Mercurius Caducifer : Mercure porteur de caducée.
Mercurius Pacifer : Mercure porteur de paix.
Mercurius Interpres : Mercure médiateur.
Mercurius Sobrius : Un aspect de Mercure honoré dans l’une des petites agglomérations de la Rome augustéenne, lié à un dieu punique plus ancien.

Namaste


5 réflexions sur “Mercure dans la Mythologie Grecque

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s